Un peu d’histoire
Une de mes passions, c’est l’équitation. Elle est en lien avec mes valeurs qui sont celles de Change:On.
Je pratique ce sport depuis l’âge de 7 ans, après avoir trépigné des années pour pouvoir commencer. Ma sœur en faisait déjà et j’ai dû attendre d’avoir 7 ans pour monter, j’avais toute la théorie, mais pas la pratique.
J’ai démarré en montant des tous petits poneys à cru, sans selle, en faisant des petits tas de sciure pour tenter d’être un peu plus haute et monter plus facilement, tas qui s’affaissait inexorablement à chaque fois que je mettais mes pieds dessus. Je me rappelle encore le jour où j’ai demandé à monter le poney qui avait une selle, c’était une révolution pour moi.
Après avoir passé mon BAFA, mon premier boulot a été d’accompagner des balades en Normandie, dans la magnifique forêt de hêtres de Lyons. J’ai récuré des box, balayé, nourri, appris à galoper à des trotteurs dans ce magnifique environnement.
Ce que l’équitation m’apporte
C’est un contact avec la Nature, dans toute sa splendeur : pluie, neige, froid, chaleur, vent.
Chaque équidé a sa spécificité :
- Celui qui est curieux,
- Celle qui est la terreur du pré,
- Celui qui est une boule d’amour,
- Celle qui vient réclamer du pain quand je rentre dans le pré, celui qui est le caïd,
- Celui qui s’endort dès qu’il est arrêté,
- Celle qui fait la désagréable mais qui adore les gratouilles et qui décide où elle les veut et change de position pour avoir des gratouilles ailleurs.
Nos montures passent leur vie au pré. Donc en hiver, la boue jusqu’aux genoux, je vais chercher l’équidé qui m’est attitré pour le cours. La technique c’est de ne pas s’arrêter pour éviter d’y laisser les bottes…
Ce sont aussi des amitiés durables, des liens humains qui se créent autour de cet animal fascinant. La découverte de nouvelles approches, comme l’éthologie où le travail à pied est très présent, m’ont montré que je n’aurai jamais fini d’apprendre, sur ce sujet comme tant d’autres.
C’est le pouvoir grisant d’un galop dans un champ, dans la forêt, la sensation ultime de liberté, la puissance de l’animal qui pousse et avale le sol, l’air, tout ce qui nous entoure.
Quel lien entre l’équitation et l’entreprenariat ?
Toujours remettre l’ouvrage sur le métier
L’équitation, c’est apprendre à tomber pour mieux recommencer, c’est de la persévérance à l’état pur. D’ailleurs, une tradition qui perdure, c’est qu’une chute pendant un cours = un gâteau pour le cours suivant. Les chutes sont dédramatisées, et font partie de l’aventure.
L’entreprenariat c’est exactement la même chose. Chaque échec fait partie de la route, et c’est un apprentissage continu. La persévérance est indispensable, la régularité comme celle des articles ici par exemple également.
Être honnête
A cheval, il est impossible de tricher. Si je ne me sens pas au meilleur de ma forme, ma monture va s’en rendre compte. Je laisse donc mes problèmes et réflexions cérébrales (cadenas sur le petit vélo qui tourne dans ma tête) à l’extérieur de la carrière. C’est d’ailleurs un des rares bulles de pause cérébrale salutaire.
La transparence, la communication, savoir exprimer son ressenti, savoir dire quand les choses fonctionnent mais aussi quand ça ne fonctionne pas : dans mon métier de consultante, c’est aussi ce que je mets en œuvre
Savoir écouter
L’équitation, c’est aussi passer des obstacles avec une masse de plus de 500 kg sous soi. Une folie me direz-vous. C’est écouter cet autre, ses réactions, observer ses oreilles. Il ne faut jamais oublier que c’est un animal, un prédaté de plus, et que toute inattention est un risque.
Cette écoute est aussi au cœur de mon travail. C’est grâce à elle que je recueille les besoins des structures qui me contactent, que je réalise des entretiens qui servent de base à mes diagnostics en Responsabilité Sociétale.
L’observation comme maître mot
C’est apprendre à faire corps avec un animal, nous centauriser, parfois aussi nous désolidariser lors de chutes. C’est réapprendre à chaque fois que je change de monture que rien n’est jamais acquis.
L’apprentissage est éternel : je me forme constamment, je lis énormément, que ce soit pour préparer les cours que je donne ou pour découvrir les sujets immensément nombreux que compte la RSE.
‘Oui mais y’a plus écolo’
D’aucuns diront que ce n’est pas le sport le plus écologique qu’il soit. Certes.
Je monte dans une écurie familiale, humaine, où les chevaux sont dehors, ne travaillent pas plus de 2h par jour, où il n’y a pas plus de 8 personnes par cours, où les installations ne sont pas mirobolantes, où les équidés sont bien traités et soignés en cas de besoin, ce dont ils se nourrissent en grande partie produit sur place (orge, foin, paille). Ce centre a reçu la reconnaissance de bien-être animal de la Fédération Française d’Equitation.
Je m’y sens bien, les chevaux aussi. La boue, le vent, le froid, le chaud, les câlins aux juments et aux chevaux, voir grandir les pouliches et les poulains : tout cela me fait un bien fou moralement.
Cela fait partie de mon équilibre mental, et pour moi, équitation et entreprenariat sont indissociables.
Une école infinie
J’apprends et réapprends, à tous mes cours et à toutes interactions avec des équidés, que rien n’est jamais acquis et que cette pratique est une source inépuisable de bonheurs nombreux et de joies qui le sont encore plus.
Ces cours sont une pause nécessaire dans mes semaines de travail, ce sont mes pieds que je mets dans la boue et non les mains, le résultat et la satisfaction sont les mêmes !


